Apocalypse 10
UN INTERLUDE FIGURANT ENTRE LA SIXIÈME ET LA SEPTIÈME TROMPETTE
Le chapitre 10 est un interlude qui marque la fin de la première moitié de la Tribulation et annonce le début imminent de la seconde moitié, c’est-à-dire la Grande Tribulation.
Les chapitres 10 à 14 de l’Apocalypse forment une parenthèse explicative. Ils interrompent momentanément la progression chronologique des jugements afin de révéler des informations essentielles sur les événements de la Grande Tribulation.
- Je vis un autre ange puissant, qui descendait du ciel, enveloppé d’une nuée ; au-dessus de sa tête était l’arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.
Je vis un autre ange [Le mot « ange » est le mot grec « aggelos » signifiant « messager » ou « envoyé ».] puissant [Qui est donc cet ange puissant ? Il pourrait très bien s’agir de Micaël, l’archange, agissant comme représentant de Jésus-Christ. Cette compréhension s’harmonise avec Daniel 12:1 : « En ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple ; et ce sera une époque de détresse, telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis que les nations existent jusqu’à cette époque. […]. ». La présence de Micaël l’archange au temps de la grande détresse correspond absolument au contexte prophétique d’Apocalypse 10.], qui descendait du ciel, enveloppé d’une nuée [Une nuée glorieuse l’accompagne, comme nous le lisons dans Exode 40.38.] ; au-dessus de sa tête était l’arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil [Le visage de l’archange Micaël rayonne de la gloire de Dieu, car il vient de la présence de l’Éternel.], et ses pieds comme des colonnes de feu [Plusieurs théologiens enseignent que cet ange est Jésus-Christ. Ils se basent sur les points suivants : Jésus est identifié comme l’Ange de l’Éternel dans Exode 3:1-4. De plus, Apocalypse 1:7 déclare que Jésus reviendra avec les nuées. Cet ange porte également un arc-en-ciel sur sa tête, un symbole associé à la gloire et à la majesté divines. Son visage resplendit comme le soleil, tout comme celui de Christ dans l’Apocalypse 1:16, et ses pieds sont semblables à des colonnes de feu tel que nous lisons dans l’Apocalypse 10:1, ce qui rappelle la description de Jésus en Apocalypse 1:15, où ses pieds sont comparés à de l’airain ardent embrasé dans une fournaise. Ces ressemblances amènent plusieurs théologiens à conclure qu’il s’agit de Jésus-Christ. Toutefois, je ne partage pas cette interprétation, car l’apôtre Jean précise qu’il voit UN AUTRE ANGE puissant (Apocalypse 10:1). La traduction du mot grec pour le mot AUTRE, allos (ἄλλος), signifie « un autre du même genre » ou « un autre de la même nature ». Jésus-Christ n’est pas de la même nature que les anges. Ce verset indique qu’il s’agit d’un autre ange de la même nature que les AUTRES anges déjà mentionnés. DEUXIÈMEMENT, dans tout le livre de l’Apocalypse, Jésus n’est jamais désigné comme un ange. TROISIÈMEMENT, lorsque cet ange prête serment, il jure par celui qui vit aux siècles des siècles (Apocalypse 10:6), alors que, si cet ange était Jésus, il aurait juré par lui-même, comme Dieu l’a fait en Hébreux 6:13 : « Lorsque DIEU fit la promesse à Abraham, ne pouvant jurer par un plus grand que lui, il jura PAR LUI-MÊME…». QUATRIÈMEMENT, les pieds de Jésus ne toucheront pas la terre avant son retour glorieux, à la fin de la Grande Tribulation (Zacharie 14:4). Ce verset indique clairement que cet ange est exceptionnel. Bien entendu, Micaël est un archange puissant et cette description lui convient parfaitement comme nous verrons dans les prochains versets.].
- Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre ;
Il [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] tenait dans sa main un petit livre [un rouleau] ouvert [Certains théologiens pensent ce « petit livre » s’agit du titre de propriété de la terre, le même rouleau que Jésus a pris de la main droite de Dieu dans Apocalypse 5:7. | Remarquons que le livre de Daniel devait être scellé et ne pas être révélé avant le « temps de la fin » : « Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles et scelle le livre jusqu’au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera » (Daniel 12:4). Notons aussi que le chapitre 12 de Daniel s’harmonise parfaitement avec le chapitre 10 de l’Apocalypse. De plus, ce « petit livre » concerne le peuple de Daniel, c’est-à-dire les Juifs, durant la seconde moitié de la Tribulation, appelée la Grande Tribulation. Il serait donc bibliquement cohérent de conclure que ce « petit livre » est une version condensée du livre de Daniel, traitant plus particulièrement des événements de la fin des temps.]. Il [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre [Le fait que l’ange pose son pied droit sur la terre annonce la prise de possession imminente de celle-ci par Jésus-Christ. Ce geste marque une première étape dans le processus d’expulsion de Satan et de ses fidèles. Bientôt, Jésus reprendra pleinement possession de ses droits légitimes sur la terre. C’est pourquoi cet ange, fort probablement l’archange Micaël, est présenté au début du chapitre avec des attributs rappelant ceux de Jésus-Christ, puisqu’il agit en son nom et en tant que son représentant.] ;
- et il cria d’une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix.
et il [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] cria d’une voix forte, comme rugit un lion [L’un des titres du seigneur Jésus est « le lion de la tribu de Juda » – Apocalypse 5:5.]. Quand il [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] cria, les sept [indiquant la perfection divine] tonnerres firent entendre leurs voix [Le tonnerre indique parfois la voix de Dieu dans les Saintes Écritures : « La voix de l’Éternel retentit sur les eaux, le Dieu de gloire fait gronder le tonnerre ; l’Éternel est sur les grandes eaux. » – Psaume 29:3 (voir aussi Jean 12:27-31). Ces tonnerres ne sont pas de simples phénomènes naturels ; ils sont la manifestation de la voix et du jugement de Dieu.]. [Notez que la domination de la terre par l’homme fut le plan originel de Dieu (Genèse 1:26). Ceci dit, Jésus, le Fils de l’homme (Matthieu 16:27) a tout regagné légalement ce qui avait été perdu par Adam (Galates 3:13). Jésus a racheté les droits légaux de la terre (Matthieu 28:18) alors les hommes régneront un jour sur la terre (Apocalypse 5:10) comme Dieu avait originalement prévu : « Les cieux sont les cieux de l’Éternel, mais il a donné la terre aux fils de l’homme. » – Psaume 115:16.]
- et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j’allais écrire ; et j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont dit les sept tonnerres, et ne l’écris pas.
Et quand les sept [indique la perfection divine] tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j’allais [se référant à l’apôtre Jean] écrire [la révélation des sept tonnerres, en fait, la révélation de Dieu] ; et j’entendis du ciel une voix qui disait : Scelle ce qu’ont dit les sept [indiquant la perfection divine] tonnerres, et ne l’écris pas [Le contenu de cette révélation divine fut entendu par l’apôtre Jean, mais Dieu lui défendit de l’écrire. Il s’agit donc d’un mystère que l’Apocalypse ne révèle pas et qui sera dévoilé au temps choisi par Dieu (Deutéronome 29:29).].
- Et l’ange, que je voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel,
Et l’ange [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1], que je [l’apôtre Jean] voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite [pour faire un serment] vers le ciel [le royaume céleste étant l’ultime lieu d’autorité],
- et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont, qu’il n’y aurait plus de temps,
et [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] jura par celui [Dieu] qui vit aux siècles des siècles [éternellement], qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont [Jésus-Christ est l’agent de la création : Genèse 1:1 ; Exode 20:11 ; Néhémie 9:6 ; Jean 1:3, 10 ; Hébreux 1:2 ; Éphésiens 3:9 ; Colossiens 1:16-17.], qu’il n’y aurait plus de temps [L’expression « il n’y aura plus de temps » signifie en réalité « il n’y aura plus de délai » (grec chronos), c’est-à-dire qu’il n’y aura plus d’attente avant l’accomplissement des desseins de Dieu. Il ne faut donc pas comprendre que le temps cessera d’exister, mais plutôt que Dieu n’accordera plus d’attente avant l’exécution de son plan. En effet, le temps continuera d’exister même dans l’éternité. La Bible révèle même que les mois feront partie de la réalité de la Nouvelle Jérusalem : « Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. » – Apocalypse 22:2],
- mais qu’aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s’accomplirait, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes.
mais qu’aux jours [qui se réfèrent aux trois ans et demi de la Grande Tribulation] de la voix du septième ange [un messager de Dieu], quand il [le septième ange] sonnerait de la trompette [qui correspond au jugement divin qui déclenchera la Grande Tribulation], le mystère de Dieu [Le « mystère de Dieu » désigne le plan de la rédemption, révélé progressivement au cours de l’histoire et qui atteindra finalement son plein accomplissement. Ce plan de rédemption comprend notamment le mystère du royaume des cieux (Matthieu 13), le mystère de l’aveuglement partiel d’Israël (Romains 11:25), le mystère de l’enlèvement de l’Église (1 Corinthiens 15:51), le mystère de Christ et de l’Église (Éphésiens 5:31-32), le mystère de Christ en nous, l’espérance de la gloire (Colossiens 1:26-27), le mystère de l’iniquité (2 Thessaloniciens 2:7) ainsi que le mystère de la piété (1 Timothée 3:16). Ensemble, ces mystères révèlent les différentes facettes du plan de Dieu, depuis l’œuvre rédemptrice de Christ jusqu’à son accomplissement final.] s’accomplirait, comme il l’a annoncé à ses serviteurs, les prophètes [« … le Seigneur, l’Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes. » – Amos 3:7].
- Et la voix, que j’avais entendue du ciel, me parla de nouveau, et dit : Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.
Et la voix, que j’avais [en parlant de l’apôtre Jean] entendue du ciel, me parla de nouveau, et dit : Va, prends le petit livre ouvert [le rouleau ouvert] dans la main de l’ange [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] qui se tient debout sur la mer et sur la terre [Voici un rappel de la toute-puissance de Jésus qui règnera (dominera) sur toute la terre d’ici peu.].
- Et j’allai vers l’ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit : Prends-le, et avale-le ; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel.
Et j’allai [en parlant de l’apôtre Jean] vers l’ange [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1], en lui disant [s’adressant à l’ange puissant] de me donner le petit livre [le rouleau ouvert]. Et il [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1] me dit : Prends-le, et avale-le [Ceci indique une digestion spirituelle de la Parole de Dieu. L’ange puissant emploie un langage figuré (tout comme nous lisons dans Ézéchiel 3:1) pour expliquer une réalité spirituelle.] ; il [le contenu du message] sera amer à tes entrailles [concerne l’amertume du jugement qui sera déversé sur les hommes rebelles], mais dans ta bouche il [le contenu du message] sera doux comme du miel [La vérité de Dieu est agréable pour le juste.].
- Je pris le petit livre de la main de l’ange, et je l’avalai ; il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l’eus avalé, mes entrailles furent remplies d’amertume.
Je [l’apôtre Jean] pris le petit livre [le rouleau] de la main de l’ange [l’ange puissant, probablement Micaël, l’archange, voir Daniel 12:1], et je [l’apôtre Jean] l’avalai ; il [le rouleau] fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l’eus avalé, mes entrailles furent remplies d’amertume [La parole de l’ange puissant s’accomplit exactement comme il l’avait annoncé à l’apôtre Jean.]. [Ce petit rouleau ouvert concerne les jugements de la dernière portion de la Grande Tribulation.]
- Puis on me dit : Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, et de rois.
Puis on me dit : Il faut que tu [l’apôtre Jean] prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, et de rois [La raison pour laquelle l’apôtre Jean reçoit l’ordre de prophétiser de nouveau est que les révélations qu’il venait de recevoir avaient laissé en lui une profonde amertume. Il est possible qu’il n’ait plus eu le désir de poursuivre son ministère prophétique, mais il devait néanmoins accomplir fidèlement la mission que Dieu lui avait confiée. Aujourd’hui encore, par le livre de l’Apocalypse, la prophétie de l’apôtre Jean continue d’être annoncée à de nombreux peuples, nations, langues et rois, accomplissant ainsi la portée universelle de sa mission.].
Fin du Chapitre 10 de Apocalypse.